Rebotini

Rebotini : Emblème Techno

Pour sa quatrième édition, le French Miracle Tour emporte en Asie un véritable emblème, qui va peser très lourd dans sa valise ! Souvent présenté comme l’un des pères de la musique électronique en France, Arnaud Rebotini, auteur, compositeur, interprète et producteur, vogue avec une pudeur et une élégance gominée sur la French Touch depuis déjà plusieurs décennies de carrière. Le musicien caméléon, l’artiste aux mille ruses mais à la moustache unique, n’a en effet de cesse, depuis ses premiers maxis techno en 1995, de se réinventer et de multiplier les expériences, s’imposant comme un pilier inébranlable d’une scène musicale bien plus déséquilibrée que lui, au travers d’un parcours ulysséen toujours juste. Et juste assez en marge pour pouvoir rester libre. Dés ses débuts remarqués aux côtés de Air, Etienne de Crecy, Daft Punk et Philippe Zdar, Rebotini annonce la couleur avec une électro pointue, glacée, toujours frontale, et disséquée jusqu’à l’os. Avec sa techno-house aux mélodies entêtantes et aux harmonies bleutées, l’ancien disquaire de Rough Trade développe une musique d’érudit, avant-gardiste, plaçant toujours un plaisir qualitatif au premier plan. Bête de scène en noir, véritable colosse de Rhodes régnant sur la nuit, la foule et ses machines futuristes, il devient l’icône des soirées parisiennes sans matin avec une techno insidieusement efficace et froidement jouissive. La force de Rebotini tient à l’endurance de son talent, à cette volonté intacte de vouloir expérimenter, sortir des chemins tout tracés, pour multiplier les tentatives et les créations. Sous les airs de voyou du fondateur de Black Strobe se cache en effet un mélomane à la sensibilité et la curiosité énormes. Arnaud Rebotini a toujours été trop grand pour rentrer dans un quelconque carcan, délaissant les productions à la mode, et esquivant toujours la facilité et le maniérisme. Un son trop souvent classé dark qui s’avère plutôt fédérateur, salvateur tel le faisceau d’un phare et pourtant piquant à souhait. Le name-dropping le concernant pourrait remplir un trop grand nombre de pages, alors que le voilà désormais césarisé pour avoir signé la bande originale du film 120 Battements par minute de Robin Campillo - avec qui il avait déjà travaillé sur l’impeccable Eastern Boys. Maître des synthés et des machines analogiques aux influences infinies, du krautrock à la country, Arnaud Rebotini, travailleur acharné et sans filet, n’en finit pas de passionner, d’interroger et de se réimposer en maître dans la plus nette sobriété. Sa signature, pourtant protéiforme, reste intacte et pure, continuant de faire de lui le boss de la techno forme hexagone. Changement de décor à nouveau avec la tournée à venir du French Miracle Tour.

L'interview de Rebotini


Rebotini

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  • Emblême techno
  • Leader de Black Strobe
  • Moustachu mélomane
  • Fraichement césarisé pour la BO de 120 battements par minute